Passer les tests physiques de l’armée française, c’est souvent là que beaucoup de candidats se heurtent à une réalité qu’ils n’avaient pas anticipée : les tractions ne s’improvisent pas, et l’écart entre ce qu’on croit pouvoir faire et ce qu’on doit réellement produire le jour J peut être brutal. En tant que discipline exigeante autant sur le plan musculaire que mental, la traction reste l’un des exercices les plus redoutés des épreuves de sélection militaire.
Chaque armée, chaque corps, chaque concours a ses propres barèmes, et s’y retrouver demande un minimum de préparation sérieuse. Inutile de s’entraîner à l’aveugle pendant des mois si c’est pour découvrir au dernier moment que les exigences ne sont pas celles qu’on imaginait.
On fait le point sur les seuils à atteindre selon les différentes filières militaires, pour que vous sachiez exactement où vous en êtes et comment vous préparer efficacement.
Les exigences en tractions selon les unités (infanterie, para, forces spéciales)
Avant tout, soyons clairs : il n’existe pas de chiffre universel gravé dans le marbre. Les exigences fluctuent vraiment selon le régiment visé, et c’est souvent là que les candidats se perdent.
Pour l’infanterie classique, le minimum généralement admis tourne autour de 8 tractions minimum requis pour entrer dans l’infanterie française. C’est le plancher, pas l’objectif. Certains candidats passent avec seulement 6 tractions selon le régiment, mais c’est risqué de tabler là-dessus.
Dès qu’on monte en exigence, les chiffres changent radicalement. Pour les parachutistes, on conseille au minimum 10 tractions, et un score entre 10 et 15 est considéré comme vraiment bon. Un candidat a d’ailleurs rapporté avoir réalisé 22 tractions à froid et encore 15 après un footing de 40 minutes, voilà un niveau qui rassure les recruteurs.
- Infanterie standard : minimum 8 tractions, objectif conseillé 10
- Parachutistes : minimum 10 tractions recommandées
- Forces spéciales : viser 25 tractions, couplées à un palier 12 au Luc Léger
Pour les unités d’élite, les attentes explosent. Forces spéciales : objectif de 25 tractions et palier 12 Luc Léger, sans oublier des tests psychologiques irréprochables. À titre de comparaison, les Navy SEALs américains attendent entre 10 et 20 tractions strictes pour une entrée compétitive, la logique est similaire.
« J’ai réussi mon CSO avec 12 tractions, palier 11 et 19/20 au parcours d’obstacles. C’est un ensemble cohérent qui compte, pas juste les tractions. »
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Comment progresser concrètement (les trois phases d’entraînement)
La bonne nouvelle, c’est que les tractions se travaillent de façon très structurée. On distingue trois grandes phases selon votre niveau de départ, et chacune a ses exercices spécifiques.
| Phase | Niveau de départ | Exercices clés | Volume |
|---|---|---|---|
| Phase 1, Fondations | 0 à 3 tractions | Tractions négatives, rowing inversé, tractions élastique | 3 séries de 5 à 12 répétitions |
| Phase 2, Accumulation | 3 à 8 tractions | Grease the groove, pyramides, density training | 2 à 3 reps, 5 à 8 fois par jour |
| Phase 3, Performance | 10 tractions et plus | Tractions lestées, variations de prises, ladders | 3 à 5 séries de 3 à 5 reps |
La technique, c’est aussi important que le volume. On part d’un dead hang complet, on tire de façon fluide jusqu’à ce que le menton dépasse la barre, et on redescend en contrôle total, pas question de lâcher brusquement.
Deux méthodes ont fait leurs preuves auprès des candidats : la méthode Lafay et le programme 50tractions.com. Un pratiquant a démarré à 10 tractions et atteint 20 en intégrant musculation et exercices au poids du corps, progression de 10 à 20 tractions grâce à la méthode Lafay en quelques mois. Ça donne envie, non ?
Les erreurs à éviter et les conseils qui font vraiment la différence
Beaucoup de candidats s’entraînent tous les jours en pensant que plus c’est mieux. C’est une erreur classique : le repos est une partie intégrante de la progression, pas une récompense. Sans récupération, les muscles ne se reconstruisent pas et les performances stagnent.
Pour casser les plateaux, quelques astuces simples fonctionnent bien. Varier les prises, large, serrée, supination (chin-up), sollicite différentes parties du dos et des bras. Ajouter un sac lesté de 5 kg est une excellente façon d’augmenter la difficulté sans changer d’exercice.
- Ne pas s’entraîner à l’échec à chaque séance : garder une ou deux répétitions en réserve
- Intégrer des exercices complémentaires pour le dos : rowing, tirage horizontal
- Respecter au moins un jour de repos entre deux séances intenses de tractions
- Pratiquer la technique du “grease the groove” : plusieurs petites séries dans la journée sans fatigue
Gardez en tête que les tractions ne sont qu’une partie du tableau. Au CSO, c’est l’ensemble de votre profil qui compte : palier au Luc
Le jour J : comment les tractions sont-elles réellement évaluées au CSO ?
Beaucoup de candidats s’entraînent dur pendant des mois, puis arrivent au Centre de Sélection et d’Orientation sans vraiment savoir comment ça se passe concrètement. Voilà ce qu’il faut comprendre avant d’y mettre les pieds.
Le protocole exact (ce que personne ne vous dit clairement)
Au CSO, les tractions ne sont pas évaluées à la va-vite. Un évaluateur militaire observe chaque répétition, et une traction mal exécutée ne compte tout simplement pas. Bras pas complètement tendus en bas ? Menton qui n’atteint pas la barre ? La répétition est invalidée, sans discussion. C’est frustrant, mais c’est la règle du jeu.
Une traction compte uniquement si les bras sont en extension complète en bas et si le menton dépasse clairement la barre en haut.
Ce détail change tout à l’entraînement : il vaut mieux réaliser 8 tractions parfaites et validées que 12 tractions bâclées dont la moitié est refusée. Entraînez-vous toujours avec ce standard en tête, pas avec le standard “à peu près”.
La fatigue accumulée (le piège que beaucoup sous-estiment)
Le passage aux tractions n’arrive pas en début de journée, reposé et frais. Au CSO, vous avez souvent déjà enchaîné plusieurs épreuves physiques avant d’arriver à la barre. C’est exactement pour ça que le témoignage cité plus haut, réaliser encore 15 tractions après un footing de 40 minutes, est si parlant.
Voici ce que ça implique concrètement pour votre préparation :
- S’entraîner aux tractions en fin de séance, pas en début, pour simuler la fatigue réelle du jour J
- Tester sa capacité à tenir ses scores après un effort cardio (course, vélo, corde à sauter)
- Ne jamais se fier uniquement à ses performances à froid le matin
Le score minimum versus le score compétitif (la nuance qui change tout)
Il y a une différence importante entre passer le seuil et être bien positionné. Atteindre le minimum requis vous permet techniquement de valider l’épreuve, mais dans un contexte de sélection où les places sont limitées, les recruteurs comparent les candidats entre eux. Arriver juste au-dessus du plancher, c’est prendre le risque d’être écarté au profit de quelqu’un de plus solide sur l’ensemble du bilan.
Un candidat qui réalise 12 à 15 tractions propres, même dans une unité où 8 suffisent techniquement, envoie un signal clair : il est sérieux, il s’est préparé, il a de la marge. Et cette marge, les recruteurs la remarquent.
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Tractions militaires : combien en faut-il vraiment selon le concours visé ?
La réponse courte : ça dépend entièrement de l’institution. À la Légion étrangère, le minimum affiché est 4 tractions strictes, mais soyons honnêtes, si vous arrivez avec 4, vous partez avec un désavantage sérieux. Les candidats qui passent la sélection initiale en font généralement entre 8 et 12, parfois plus. C’est un peu comme se présenter à un entretien avec le strict minimum sur le CV : techniquement recevable, concrètement risqué.
Du côté de la Gendarmerie nationale (concours SOG), le barème est plus transparent : 4 tractions donnent la note minimale, et il faut atteindre 15 répétitions pour décrocher un 20/20. C’est une bonne nouvelle, parce que vous savez exactement où vous en êtes et ce que chaque traction supplémentaire vous rapporte. Pour les concours des grandes écoles militaires (filière officiers), le plancher est plus bas, 2 tractions pour les hommes, 1 pour les femmes, mais tomber en dessous, c’est zéro pointé direct. Pas de demi-mesure.
« En dessous du minimum, la note tombe à 0/20, peu importe le reste de votre dossier. »
À noter que les femmes peuvent parfois passer une épreuve de tirage poulie en remplacement des tractions classiques, selon les concours. Et pour l’Armée de l’Air et de l’Espace, comptez généralement 6 à 8 tractions selon le poste visé. Viser le minimum, c’est viser la sortie.
Réussir les tests de l’armée en 2026 (facile)

