Toutes les licences ne se valent pas, et les étudiants qui en font l’expérience le savent mieux que quiconque. Entre les taux d’échec en première année, les exigences académiques propres à chaque filière et la sélectivité croissante de Parcoursup, certaines formations universitaires s’imposent comme de véritables parcours du combattant.
Médecine, droit, mathématiques, physique-chimie : derrière ces intitulés se cachent des réalités très différentes selon que l’on parle de charge de travail, de débouchés professionnels ou de chances d’admission. Choisir sa licence, c’est aussi choisir le niveau d’exigence auquel on accepte de se confronter.
Studywork fait le point sur les licences réputées les plus difficiles, en croisant les critères d’insertion professionnelle, de sélection à l’entrée et de réussite en cours de formation.
Parcoursup 2025 : les licences les plus demandées et leurs tendances
En 2025, 359 728 vœux formulés pour la licence de Droit sur Parcoursup, soit une hausse de 6,9 % par rapport à 2024, confirment que cette filière reste la plus convoitée de l’enseignement supérieur français. La psychologie suit avec 153 853 vœux (+9,3 %), tandis que les STAPS accusent un léger recul à 150 419 vœux (-3,1 %).
Les filières d’économie-gestion et de mathématiques affichent toutes deux une progression de 11,3 %, atteignant respectivement 146 431 et 97 331 vœux. Ces deux disciplines attestent d’un intérêt croissant des lycéens pour des formations perçues comme débouchant sur des carrières solides.
Au total, 720 557 vœux cumulés dans les domaines droit et économie-gestion en 2025 illustrent la domination de ces deux secteurs. Sept élèves de terminale sur dix ont confirmé au moins un vœu en licence (hors LAS) sur Parcoursup cette année.
Les cinq licences les plus demandées en 2025 :
- Droit : 359 728 vœux
- Psychologie : 153 853 vœux
- STAPS : 150 419 vœux
- Économie-gestion : 146 431 vœux
- Mathématiques : 97 331 vœux
Les études les plus difficiles : critères et classement des dix premières
La difficulté d’une formation universitaire se mesure selon plusieurs critères objectifs et subjectifs. Deux indicateurs principaux sont généralement retenus pour établir un classement fiable :
- Volume de travail : temps moyen consacré aux révisions et aux devoirs en dehors des cours.
- Intensité des cours : longueur et densité des enseignements, ainsi que leur impact physique et mental sur l’étudiant.
Ces critères fluctuent selon les parcours individuels, mais permettent néanmoins d’établir une hiérarchie globalement reconnue. La médecine, l’ingénierie et l’architecture occupent systématiquement les premières places en raison de leur charge de travail exceptionnelle et de la sélectivité de leurs concours.
« La difficulté d’une discipline ne se résume pas à son volume horaire : elle tient aussi à la pression psychologique, aux exigences de précision et à la compétition entre étudiants. »
Le classement des dix formations les plus difficiles :
- Médecine
- Ingénierie
- Architecture
- Droit
- Mathématiques
- Physique
- Chimie
- Informatique
- Psychologie
- Économie
Il est notable que plusieurs licences très demandées sur Parcoursup, comme le droit, les mathématiques, la psychologie ou l’économie, figurent également parmi les plus difficiles. Pour les candidats intéressés par les filières de santé, le classement Thotis des Licences PASS sur Parcoursup en 2025 offre un éclairage complémentaire sur la sélectivité de ces parcours.
Insertion professionnelle : les licences affichant les taux d’emploi les plus faibles
Si la popularité d’une filière sur Parcoursup ne préjuge pas de ses débouchés, les données d’insertion professionnelle révèlent des disparités importantes. La licence Histoire affiche un taux d’emploi de seulement 53 % à 30 mois, avec un salaire médian de 1 500 € net et un taux d’emploi de cadre de 8 %, ce qui en fait la formation universitaire la plus précaire en termes d’insertion.
La licence Lettres-Langues-Arts présente également des indicateurs préoccupants : un taux d’emploi à 6 mois de seulement 49,2 %, une part de CDI de 36,8 % et une présence dans le secteur public limitée à 2,8 %. Ces chiffres contrastent avec la licence STAPS, qui, malgré un taux d’emploi à 30 mois de 73 %, affiche un taux d’emploi à N+2 de 88 %, avec 56 % de CDI et des salaires nets mensuels de 1 679 € pour les femmes et 1 767 € pour les hommes.
Le tableau ci-dessous présente les dix licences enregistrant les taux d’emploi les plus faibles à 30 mois après l’obtention du diplôme :
| Filière | Taux d’emploi à 30 mois (%) | Nombre de diplômés |
|---|---|---|
| Licence Histoire | 53 % | 208 |
| Licence Pluri lettres – sciences du langage – arts | 71 % | 486 |
| Licence Lettres-Langues-Arts | 72 % | 763 |
| Licence Archéologie, ethnologie, préhistoire | 73 % | 224 |
| Licence STAPS | 73 % | 563 |
| Licence Arts | 74 % | 235 |
| Licence Sciences de l’information et la communication | 75 % | 2 402 |
| Licence Sciences économiques | 77 % | 599 |
| Licence Sciences Humaines et Sociales | 77 % | 4 468 |
| Licence Administration économique et sociale (AES) | 78 % | 523 |
Ces données soulignent l’importance de croiser popularité, difficulté et perspectives d’insertion avant de formuler ses vœux sur Parcoursup. Les filières littéraires et artistiques, bien que moins sélectives à l’entrée, exposent davantage leurs diplômés à la précarité professionnelle à court terme.
Taux d’accès et sélectivité réelle : ce que Parcoursup ne dit pas toujours clairement
Derrière le volume de vœux se cache une réalité souvent méconnue des lycéens : le taux d’accès, c’est-à-dire la proportion de candidats ayant reçu au moins une proposition d’admission. En 2025, la licence de Psychologie affiche un taux d’accès inférieur à 20 % dans plusieurs universités parisiennes, malgré l’absence de concours formel à l’entrée. Ce paradoxe illustre une sélectivité de fait, pilotée par l’algorithme de Parcoursup et les critères définis par chaque établissement, bien loin de l’image d’une filière ouverte à tous.
Une licence non sélective sur le papier peut devenir l'une des plus difficiles d'accès en pratique, selon l'université choisie et le profil du dossier.
La notion de difficulté d’accès varie aussi fortement selon la géographie. Voici quelques exemples de disparités observées pour une même licence selon le type d’établissement :
| Licence | Université en tension (grandes villes) | Université moins demandée |
|---|---|---|
| Psychologie | Taux d’accès < 20 % | Taux d’accès > 60 % |
| Droit | Taux d’accès ~35 % | Taux d’accès > 75 % |
| STAPS | Taux d’accès ~25 % | Taux d’accès ~55 % |
Au-delà de l’admission, la difficulté se prolonge dans le parcours lui-même : le taux de réussite en licence en trois ans dépasse rarement 40 % toutes filières confondues, selon les données du ministère de l’Enseignement supérieur. Les filières perçues comme accessibles à l’entrée, comme les Sciences humaines ou la Sociologie, enregistrent parfois les taux d’abandon les plus élevés dès la première année, révélant un décalage profond entre les attentes des étudiants et les exigences réelles des cursus.
Parcoursup : des écarts de sélectivité très marqués selon les filières
Certaines licences universitaires affichent une sélectivité extrême : Panthéon-Sorbonne et Toulouse Capitole enregistrent des taux d’admission inférieurs à 10 % pour des formations en droit ou en psychologie, faisant de ces cursus parmi les plus disputés du supérieur.
À l’opposé, les filières moins demandées restent largement accessibles. La licence de physique, par exemple, reçoit environ 28 000 vœux et affiche un taux d’admission supérieur à 90 %. L’économie-gestion se situe dans une position intermédiaire mais très tendue, classée 3e licence la plus demandée avec près de 146 000 vœux formulés.
Face à cette pression sur les licences générales, les licences professionnelles et les formations courtes sont mises en avant pour leur capacité à offrir une insertion rapide sur le marché du travail, un avantage concret par rapport aux parcours universitaires classiques en trois ans.
Top 10 des études avec le moins de débouchés

